L’encours est l’un de ces mots que l’on croise partout — sur un relevé bancaire, dans un tableau de bord comptable, dans une conversation entre credit managers — sans que sa définition soit toujours posée clairement. Pourtant, mal comprendre ce terme, c’est risquer de piloter sa trésorerie à l’aveugle.
En français, le nom masculin encours (parfois orthographié en-cours dans certains dictionnaires) désigne l’ensemble des montants engagés mais pas encore réglés à un instant donné : crédits accordés, factures non payées, commandes en attente de livraison. Un flux figé dans le temps, une photographie de ce qui reste à solder.
Ce que signifie vraiment « encours »
L’étymologie et les usages dans les dictionnaires
Le mot vient de l’expression en cours — littéralement, ce qui est en train de se dérouler. Les dictionnaires de référence (Larousse, Le Robert) le définissent comme un nom masculin invariable désignant « l’ensemble des effets de commerce, crédits ou créances en circulation à une date donnée ». Certains dictionnaires spécialisés en finance élargissent la notion à tout engagement financier non encore éteint.
L’orthographe soudée — encours — est aujourd’hui dominante dans le vocabulaire économique et bancaire. La forme avec trait d’union (en-cours) subsiste dans quelques contextes juridiques ou comptables anciens, mais les deux formes renvoient au même concept.
Ce qu’il faut retenir :
- Nom masculin singulier (on dit l’encours, pas les encours pour un seul poste).
- Peut s’employer au pluriel (les encours clients) pour désigner plusieurs catégories distinctes.
- Ni synonyme de « solde », ni de « chiffre d’affaires » : c’est une mesure instantanée d’un flux non soldé.
💡 Notre conseil
Quand vous lisez « encours » dans un document financier, posez-vous immédiatement la question : à quelle date ? Un encours n’a de sens qu’associé à un instant précis — il varie chaque jour selon les nouvelles opérations et les règlements reçus.
Les principaux types d’encours en entreprise
La notion se décline selon le contexte métier. Voici les trois grandes familles que l’on rencontre en pratique.
L’encours clients représente le total des créances commerciales non encore encaissées : toutes les factures émises mais impayées à date. C’est le chiffre que surveille un credit manager en permanence. Une PME avec 500 000 € de chiffre d’affaires mensuel peut afficher un encours clients de 300 000 € si ses acheteurs paient à 60 jours — soit plus de la moitié d’un mois de CA immobilisé en attente de règlement.
L’encours de crédit concerne les établissements bancaires et les organismes de financement. Il correspond au capital restant dû sur l’ensemble des prêts accordés et non encore remboursés. Quand la Banque de France publie ses statistiques sur les crédits aux entreprises, elle parle bien d’encours — le stock total des sommes prêtées et non encore restituées.
L’encours de production (ou encours industriel) désigne, lui, les commandes lancées mais dont la fabrication n’est pas achevée. Dans une usine, c’est la valeur des produits en cours de transformation au moment de l’arrêté comptable.
| Type d’encours | Qui l’utilise ? | Ce qu’il mesure |
|---|---|---|
| Encours clients | DAF, credit managers | Créances commerciales non encaissées |
| Encours de crédit | Banques, organismes de financement | Capital restant dû sur prêts accordés |
| Encours de production | Industrie, logistique | Valeur des produits en cours de fabrication |
| Encours d’épargne | Assureurs, gestionnaires de fonds | Total des sommes placées sur un produit |
✅ À retenir
L’encours est toujours une mesure de stock, pas de flux. Il ne s’agit pas de ce qui a été facturé sur une période, mais de ce qui reste en suspens à un moment donné. C’est cette distinction qui le sépare du chiffre d’affaires ou du volume de crédits accordés sur l’année.
🎯 Comment calculer un encours clients
Le calcul de base est simple : encours clients = somme de toutes les factures émises et non encore réglées à la date d’arrêté. Mais pour piloter efficacement la trésorerie, on affine avec deux indicateurs complémentaires.
Le Days Sales Outstanding (DSO, ou délai moyen de paiement) rapporte l’encours au chiffre d’affaires :
« DSO = (Encours clients / Chiffre d’affaires TTC) × Nombre de jours de la période »
— Formule standard utilisée par les directions financières
Exemple concret : une entreprise réalise 1,2 M€ de CA TTC sur 90 jours et affiche un encours de 300 000 €. Son DSO est de 300 000 / 1 200 000 × 90 = 22,5 jours. Ses clients paient en moyenne à 22 jours — ce qui est rapide. Un DSO qui dépasse les délais contractuels signale des retards de paiement à traiter en urgence.
Pour gérer ces données au quotidien, les équipes financières s’appuient souvent sur un Logiciel dédié qui automatise le suivi des relances, la mise à jour des encours et la détection des dépassements de plafond.
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délai de paiement moyen interentreprises en France (source : Banque de France)
Encours et gestion du risque financier
Surveiller son encours, c’est avant tout maîtriser son risque. Plus l’encours clients gonfle sans que les règlements arrivent, plus le besoin en fonds de roulement (BFR) augmente — et plus la trésorerie s’érode.
Les entreprises fixent en général des plafonds d’encours par client : au-delà d’un certain montant de créances sur un même acheteur, la livraison est bloquée ou soumise à garantie. Cette logique se retrouve aussi côté bancaire, où chaque emprunteur dispose d’un encours de crédit autorisé que l’établissement ne dépassera pas sans réévaluation du dossier.
- Un encours mal suivi peut masquer des impayés chroniques qui ne seront détectés que lors de l’arrêté trimestriel.
- La concentration de l’encours sur quelques gros clients augmente le risque : si l’un d’eux est défaillant, l’impact sur la trésorerie est immédiat.
- L’affacturage (ou factoring) permet de céder son encours clients à un factor contre liquidités immédiates, transférant ainsi le risque de non-paiement.
Ces enjeux dépassent le seul service comptable. Dans les organisations plus structurées, le pilotage des encours s’intègre dans des outils de gestion transverses — parfois même dans un SIRH : définition, fonctions et avantages du système d’information RH pour l’entreprise lorsque la gestion des temps et activités génère des données liées à la facturation interne.
⚠️ À garder en tête
Un encours clients en hausse n’est pas forcément une bonne nouvelle : il peut refléter une activité en croissance, mais aussi un allongement des délais de paiement ou une accumulation d’impayés. Analysez toujours l’encours en parallèle du DSO et de la balance âgée pour distinguer les deux situations.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre encours et créance ?
Une créance est un droit de percevoir une somme d’argent d’un débiteur précis. L’encours est l’agrégat de toutes les créances non encore réglées à une date donnée. La créance est l’unité, l’encours est le total : on peut avoir 50 créances distinctes qui forment un encours global de 200 000 €.
Comment réduire son encours clients ?
Plusieurs leviers permettent de réduire l’encours clients : raccourcir les délais de paiement contractuels, systématiser les relances avant échéance, proposer des escomptes pour paiement rapide, recourir à l’affacturage pour céder les créances à un tiers, ou encore fixer des plafonds d’encours par client au-delà desquels aucune nouvelle commande n’est livrée.
L’encours de crédit immobilier diminue-t-il automatiquement chaque mois ?
Oui, pour un crédit à taux fixe amorti, chaque mensualité comprend une part d’intérêts et une part de capital. Seule la part capital réduit l’encours. En début de prêt, les intérêts dominent — la baisse de l’encours est donc lente. Elle s’accélère progressivement au fil des années, à mesure que la part capital augmente dans chaque échéance.
Qu’est-ce qu’un encours d’épargne ?
L’encours d’épargne désigne le total des sommes placées sur un produit financier (livret A, assurance-vie, fonds commun de placement…) à une date précise. C’est l’indicateur qu’utilisent les assureurs et les gestionnaires de fonds pour mesurer la taille de leurs actifs sous gestion. En France, l’encours du Livret A dépasse régulièrement les 400 milliards d’euros.
Encours et chiffre d’affaires : pourquoi ne pas les confondre ?
Le chiffre d’affaires mesure ce qui a été facturé sur une période (un flux). L’encours mesure ce qui reste à encaisser à un instant t (un stock). Une entreprise peut afficher un CA en hausse tout en ayant un encours qui explose si ses clients allongent leurs délais de paiement — signe avant-coureur d’une crise de trésorerie, même en période de croissance apparente.